La réponse courte
L'Office de la protection du consommateur (OPC) du Québec affirme qu'un commerçant ne peut facturer de frais lorsqu'un client paie par carte de débit ou de crédit, et ne peut ajouter de tels frais au prix au moment de l'achat. Une affiche ou un avertissement verbal ne rend pas les frais légaux. Le prix annoncé doit être le total que le consommateur paie, seules la TPS et la TVQ pouvant être ajoutées. C'est pourquoi l'Agence de la consommation en matière financière du Canada affirme que le supplément pour carte de crédit est permis partout au Canada sauf au Québec.
Aucuns frais de carte à la caisse
L'OPC affirme qu'un commerçant ne peut facturer de frais lorsque vous utilisez une carte de débit ou de crédit pour payer un achat, et que ces frais ne peuvent être ajoutés au prix d'un produit ou service au moment de l'achat. Elle ajoute qu'un commerçant ne se conforme pas à la loi même si les clients sont avisés à la caisse qu'un montant supplémentaire sera facturé en raison du mode de paiement, et qu'une affiche ou un avis verbal ne donne pas au commerçant le droit de facturer les frais. L'OPC précise que les consommateurs peuvent signaler les commerçants qui continuent de le faire. L'Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) reflète la même position à l'échelle nationale : les commerçants peuvent ajouter des suppléments aux transactions par carte de crédit sauf au Québec. Visa Canada précise aussi que la loi provinciale ou fédérale a préséance sur ses règles de supplément.
Présentation des prix
Selon l'OPC, le prix annoncé doit refléter le montant total que le consommateur paie, et seules des taxes comme la TPS et la TVQ peuvent être ajoutées au paiement. Tout programme de frais de carte qui ajoute un montant à la caisse contrevient à cette règle. Avant de changer la façon dont les prix sont affichés, par exemple avec un escompte au comptant, obtenez un avis propre à votre entreprise au Québec.
La loi que l'OPC applique
La page de l'OPC ne cite pas de numéro d'article, mais la règle qu'elle décrit est l'article 224 de la Loi sur la protection du consommateur (RLRQ c. P-40.1). Le paragraphe c) du premier alinéa précise qu'aucun commerçant, fabricant ou publicitaire ne peut, par quelque moyen que ce soit, exiger pour des biens ou services un prix supérieur à celui qui est annoncé. L'article précise ensuite qu'aux fins de ce paragraphe, le prix annoncé doit inclure le montant total que le consommateur doit payer pour les biens ou services, que le prix annoncé n'a pas à inclure la taxe de vente du Québec ni la taxe sur les produits et services, et qu'une importance plus grande doit être accordée au prix annoncé qu'aux montants qui le composent. Lues ensemble, ces trois phrases expliquent pourquoi des frais de carte ajoutés à la caisse échouent au Québec même lorsqu'ils sont divulgués : les frais font partie du total que le consommateur doit payer, donc ils devaient figurer dans le prix annoncé, et ce ne sont pas une taxe. La même logique fait qu'un double affichage de prix est une question pour un avocat plutôt qu'une solution de contournement établie, car la règle d'importance régit la façon dont les deux prix peuvent être affichés. Ceci est de l'information générale, non un avis juridique (17 septembre 2026).
Ce que le reste du Canada permet, et pourquoi cela ne s'applique pas au Québec
En dehors du Québec, le portrait est suffisamment différent pour valoir la peine d'être précisé, car un siège social dans une autre province conçoit souvent un programme national unique. L'ACFC précise qu'un commerçant a l'option d'ajouter un supplément à une transaction par carte de crédit sauf au Québec, et décrit un plafond de supplément maximal de 2,4 %. Elle précise que les suppléments et frais doivent être clairement divulgués aux titulaires de carte avant qu'une transaction ne soit complétée, et que les titulaires de carte doivent pouvoir annuler la transaction sans pénalité avant d'autoriser le paiement. Pour le débit, l'ACFC dit aux commerçants de communiquer avec leur processeur de paiement au sujet de leur capacité à imposer un supplément, notant que certains réseaux ne le permettent pas. Rien de tout cela ne crée de marge de manœuvre au Québec : le plafond de 2,4 % est un maximum sur une pratique que la règle du prix annoncé du Québec ne permet pas en premier lieu, et une divulgation qui satisfait une règle de réseau ne satisfait pas l'article 224.
Données clients et incidents de confidentialité
Si vous conservez des renseignements clients comme des coordonnées, un historique d'achat ou des jetons de carte, les règles de confidentialité du Québec s'appliquent. La Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) précise que les entreprises doivent tenir un registre des incidents de confidentialité touchant des renseignements personnels, conserver ces registres pendant au moins cinq ans à partir de la date de découverte de l'incident, et aviser la CAI et les personnes touchées lorsqu'un incident présente un risque de préjudice sérieux. La CAI précise ce que chaque inscription au registre doit contenir : une description des renseignements personnels concernés, ou la raison pour laquelle ils ne peuvent être décrits; une brève description des circonstances; la date ou la période de l'incident et la date à laquelle l'entreprise en a pris connaissance; le nombre de personnes touchées, ou une approximation; les éléments de l'analyse ayant mené à la conclusion sur le risque de préjudice sérieux, que la CAI encadre autour de la sensibilité des renseignements, des utilisations malveillantes possibles et de la probabilité des conséquences; les dates de notification à la CAI et aux personnes touchées, lorsque la notification était requise; et une brève description des mesures prises pour réduire le risque de préjudice. L'avis à la CAI est donné rapidement et par écrit sur son formulaire. L'avis aux personnes touchées est donné sans délai, sous réserve d'exceptions restreintes que la CAI décrit, comme lorsque l'avis causerait un préjudice plus grand, présenterait une difficulté excessive, ou lorsque les coordonnées sont indisponibles. La personne responsable de la protection des renseignements personnels doit être consultée dans l'évaluation de la gravité d'un incident. Un coffre-fort de tokenisation de carte ou une base de données clients de PDV entre carrément dans ce cadre; décidez donc maintenant qui occupe ce rôle et où se trouve le registre, plutôt que le jour où quelque chose tourne mal.
Vendre au Québec depuis une autre province
Une entreprise basée en Ontario ou ailleurs qui vend à des clients au Québec, y compris en ligne, ne devrait pas présumer qu'un programme de supplément conçu pour le reste du Canada fonctionne pour ces clients. Obtenez un avis avant d'appliquer tous frais de carte aux ventes québécoises.
Points clés à retenir
- L'OPC affirme que les commerçants ne peuvent facturer de frais pour un paiement par carte de débit ou de crédit au Québec.
- Une affiche ou un avis verbal à la caisse ne rend pas des frais de carte légaux au Québec.
- Les prix annoncés doivent être le total payé, seules la TPS et la TVQ pouvant être ajoutées.
- L'ACFC indique que le supplément pour carte de crédit est permis au Canada sauf au Québec.
- La règle derrière la position de l'OPC est l'article 224 de la Loi sur la protection du consommateur (RLRQ c. P-40.1).
- Seules la TVQ et la TPS peuvent se trouver en dehors du prix annoncé, et le prix annoncé doit porter plus d'importance que ses composantes.
- Les entreprises doivent consigner les incidents de confidentialité dans un registre, le conserver cinq ans, et signaler à la CAI ceux présentant un risque de préjudice sérieux.
Guides connexes
- Le supplément pour carte de crédit au Canada : règles par province
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Sources
- Office de la protection du consommateur (Québec) – Paiement par carte de débit ou de crédit : frais interdits (vérifié le 2026-09-17)
- Loi sur la protection du consommateur (Québec), RLRQ c. P-40.1, article 224 (Légis Québec) (vérifié le 2026-09-17)
- Agence de la consommation en matière financière du Canada – Suppléments commerçants, frais de service et de commodité, et rabais (vérifié le 2026-09-17)
- Visa Canada – FAQ sur les suppléments pour les entreprises (en vigueur depuis le 6 octobre 2022) (vérifié le 2026-09-16)
- Commission d'accès à l'information du Québec – Incidents de confidentialité et mesures de sécurité pour les entreprises (français) (vérifié le 2026-09-16)
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